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On a découvert un botnet d’objets connectés: même les frigos sont piratés ! |
Les zombies du futur ne sont pas les PC, ni les terminaux mobiles, mais les objets connectés autour de nous : routeurs, serveurs multimédia, réfrigérateurs, téléviseurs, etc. Peu sécurisés - et bientôt très nombreux - ils représentent un risque de sécurité énorme
Avec le rachat de Nest Labs par
Google, tout le monde est d’accord : les objets connectés seront le
prochain grand marché high-tech. Selon IDC, ce secteur devrait même
générer un chiffre d’affaires de 8.900 milliards de dollars en 2020.
Mais cette gigantesque ruée risque aussi de créer des problèmes en
matière de sécurité, comme le soulève Proofpoint. En effet, le
fournisseur de solutions de sécurité vient de mettre la main sur un
botnet... d’objets connectés. Sauf erreur, c’est la première fois que
l’on observe un tel dispositif.
Contrairement au botnet classique,
composé de PC et des serveurs zombies, le botnet découvert par
Proofpoint s’appuie sur des appareils grand public qui colonisent de
plus en plus nos foyers: des petits routeurs, des serveurs multimédia,
des téléviseurs et même... des réfrigérateurs connectés. Au total, le
spécialiste de la sécurité a dénombré plus de 100.000 objets zombies
dans ce botnet, dont le but n’avait en revanche rien de franchement
innovant. Il sert essentiellement à envoyer du spam ou des courriers
infectés. Plus de 750.000 messages ont ainsi été envoyés rien que sur la
période du 23 décembre 2013 au 6 janvier 2014.
Les constructeurs et les utilisateurs sont peu regardants
Pour
les cybercriminels, les objets connectés représentent une formidable
opportunité. Contrairement aux PC et aux serveurs, ces objets ne
disposent pas d’antivirus ou d’antispam et leurs failles de sécurité -
si tant est qu’elles soient détectées - ne sont corrigées qu’avec
beaucoup de retard. Et même si elles le sont, peu d’utilisateurs pensent
à faire une mise à jour du firmware de l’appareil. Un exemple flagrant
est celui des webcams Trendnet qui,
début 2013, permettaient au premier hacker venu de jeter un œil dans
les salons des gens. Et cela, alors que la faille sous-jacente était
découverte et corrigée depuis plus d’un an.
Autre « avantage » : les objets
connectés seront demain bien plus nombreux que les ordinateurs. Les
attaques qui en émaneront seront donc beaucoup plus dures à juguler.
Proofpoint en a faire l’expérience. L’envoi des pourriels du botnet
d’objets zombies a été réalisé de manière très distribuée : moins de 10
messages par adresses IP. « Il était difficile de bloquer l’attaque en se basant sur des informations de localisation », souligne l’entreprise dans un communiqué.
De son côté, l’analyste Michael Osterman sonne carrément l’alarme. « Les
objets connectés représentent une menace énorme. Ils sont faciles à
pénétrer, les consommateurs sont peu enclins à les rendre plus sûres,
ils peuvent envoyer du contenu malveillant presque sans que cela ne soit
détectable et peu de fournisseurs prennent des mesures pour se protéger
contre cette menace. Le modèle de sécurité existant ne fonctionnera
tout simplement pas à résoudre le problème », estime-t-il. Et quand
on sait qu’IDC prévoit 200 milliards d’objets connectés sur la planète
d’ici à 2020, il y a de quoi ressentir une certaine inquiétude. Ou de la
joie, pour ceux qui sont du côté obscur de la Force.
Gilbert Kallenborn
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